Titre racoleur, et pourtant !

Je place le décor : 2 h du mat’, le petit dernier crie : « Oummiiii ! »

Il a fait un cauchemar- vous vous précipitez, vous vous cognez le petit doigt de pied, sur le coin du mur, vous manquez de sortir une grossièreté, que votre aînée aurait sans doute entendue-même à moitié endormie- et vous aurait repris avec cette phrase bien culpabilisante :

« C’est pas bien de parler comme ça oummi ! »

Ce à quoi vous répondriez :

« – Oui, tu as raison, merci de me reprendre ! »

Tout en essayant de maîtriser « la moutarde qui vous monte au nez ». Vous consolez le petit, le cajoler, vous repartez vous coucher, mais le sommeil s’est fait la malle, vous laissant avec votre petit orteil déglingué et vos nerfs à vif.

Le lendemain, après une énième altercation entre vos chérubins, vous entendez des « OUMMI ! » fusées dans la maison, c’en est trop, vous ne vous maîtrisez plus, et vous hurlez un « QUOIII ! »

Ils vous regardent l’œil hagard, cherchant votre compassion, vous êtes hors de vous.

Un petit goût d’arnaque !

Alors, je ne sais pas pour vous, mais avant d’être maman, on m’avait vendu du rêve. On m’a présenté la maternité comme quelque chose de doux, genre publicité Pampers. J’ai beaucoup déchanté, au fur et à mesure des années lorsque j’ai compris les responsabilités- à durée indéterminée-qui m’attendaient. A mesure du temps, la pression de ce rôle n’a eu de cesse d’augmenter. Des anecdotes comme celle-ci j’en ai à revendre, d’ailleurs, nous en avons toutes. N’est-ce pas ? Cet énervement isolé ne signifie pas grand chose, mais quand cela devient redondant, quand être mère fait souffrir cela peut cacher, fort probablement, une usure latente.

Double pressions pour nous mères musulmanes : d’une part une pression sociétale sur la femme actuelle, qui gère tout et qui n’a rien à dire puisqu’à la différence de nos prédécesseures, nous jouissons du confort moderne.

D’autre part, la pression – que l’on se met seules- à vouloir inculquer à nos bambins une éducation religieuse, scolaire et mondaine d’exception. Oui ! Oui ! Rien que ça !

Alors temps mort ! Je vous demande votre attention !

Si des signes d’épuisements physiques et moraux se font sentir,de manière graduelle et rapprochée, il faut agir !

Tout un tabou existe autour de cette lassitude absolument normale, un secret de Polichinelle qui entoure toutes les difficultés liées au fait d’être MAMAN. Pourquoi, nous mères – humaines que nous sommes- ne pourrions-nous pas dire que notre rôle nous pèse parfois ?

Et bien, parce nous sommes formidablement … déconnectées de nos besoins ! Voici ce que l’on devrait dire aux futures mères : la vérité.

Devenir mère se choisit !

Je ne parle pas de la physiologie car nous sommes majoritairement conçues pour enfanter mais éduquer, aimer, respecter, accompagner, soigner, choyer, jouer, inculquer, se priver etc. sont toutes autant de marqueurs de lien qui s’apprennent et se tissent-ou pas- avec l’enfant.

Sachant cela, il est tout à fait normal de ne pas exceller en tout ou encore d’avoir une baisse d’énergie et d’envie à divers moments de notre maternité. Ou tout simplement ne pas savoir faire, faute d’avoir reçues. Cessons d’en enjoliver tous ses aspects : car être mère est difficile ! Et le mode d’emploi n’est pas fourni avec le bébé

On apprend à être mère grâce à l’expérience de nos imperfections.

Alors, quel est le lien avec le fait que le burnout soit une opportunité pour nous ? Et bien je vous dirais, que toucher le fond, se demander quel est le sens donné à notre rôle de mère, nous questionner sur le rapport à nos enfants, nous positionner sur la bonne influence à avoir sur eux, surestimer nos capacités dans un souci de perfection etc. sont, à mon sens des signes de notre volonté à vouloir être de très bonnes mères.

Cet examen de conscience douloureux, ces maux du cœur que l’on somatisent parfois, prouvent notre désir d’excellence ! Alors comment faire pour tirer des conclusions positives, à des moments où rien ne va ?

Il suffit simplement de jauger :

  • Accepter le burnout comme étant une épreuve, avec tout ce que cela implique comme actions qui nous rapprochent d’Allah.
  • Verbaliser cet état, mettre des mots sur les maux. Sans le dénier, ni l’occulter.
  • Alerter et demander de l’aide : d’une manière générale demander de l’aide à quelqu’un de physiquement et moralement apte à le faire n’est pas un aveu de faiblesse mais belle et bien une marque de courage, un acte responsable, un geste d’amour.
  • En discuter ouvertement sans dramatiser, ni culpabiliser quiconque mais échanger en toute bienveillance, avec l’époux, les enfants, et d’autres mères : permet d’extérioriser et d’exprimer ses besoins, mais aussi d’avoir conscience que nous ne sommes pas seules face au dépassement et à la fatigue.
  • Prendre du temps pour soi, et faire comprendre à toute la famille, le caractère important de cette démarche : se retrouver en tant que femme à part entière avec nos aspirations, nos loisirs et nos petites ou grandes ambitions.
  • Et enfin, la meilleure réponse physiologique reste de : DORMIR ! Nulle besoin de vous expliquer le comment et le pourquoi – quoique cela fera l’objet d’un autre article -.

Chères mères épuisées, j’aimerais vous dire ces quelques mots : « Vous êtes des mamans formidables, vous faites de votre mieux même dans les aspects ou vous pensez être défaillantes, vous avez du mérite, et surtout vous occupez islamiquement un rang honorable ! »

L’épuisement maternel est à la vie de maman, ce que l’érosion est à la ville côtière : inévitable !

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