J’ai émigré vers le Maroc en 2013, précisément à Marrakech, la ville ocre. Cette étape de ma vie a été d’une grande importance. Bien qu’accompagné de son lot d’épreuves, de découvertes, d’aventures et bien sûr d’enseignements. Je vous en partage quelques-uns qui ont parfois bouleversé ma façon de vivre et ont suscité beaucoup de remises en question.

  • Le contentement

Souvent, notre pouvoir d’achats diminue en quittant la France, pas d’allocations logement, pas de CAF, pas de CMU etc. Quant aux revenus, ils deviennent aléatoires ce qui nous a poussé à consommer et vivre différemment. Bien que l’adaptation fut progressive, elle a fait naître en moi ce sentiment de contentement. Mieux, ce qu’avant je pensais indispensable ne l’est plus aujourd’hui.

  • La slow life

Alors, il se peut que ce soit spécifique à Marrakech, mais ici, on prend son temps. Pas de stress, pas de précipitation. La ponctualité est très relative… Mais finalement, ne pas courir derrière le temps est un art de vivre, une appréciation du moment ! Moi qui suis une maniaque de la ponctualité, je m’y fais – un peu – .

  • La tolérance

La barrière de la langue peut parfois être source d’incompréhensions, de malentendus ou bien d ‘interprétations erronées. Faire preuve d’une grande tolérance, et être soucieux de comprendre l’autre dans sa différence est capital. Même si je suis maghrébine, j’ai appris à mes dépens que ma culture était belle et bien française, si certains comportements sont considérés comme inappropriés pour nous, ce n’est pas le cas pour eux, et inversement. C’est parfois le choc des cultures.

  • La chaleur humaine

Ce n’est pas un cliché, les marrakchis sont bien hospitaliers et chaleureux. C’est ainsi que l’on peut voir dans les rues des hommes tenant la main de leurs pères âgés, ou des accolades entre hommes, des enfants rire aux éclats en jouant avec un rien, des conversations en plein milieu de la route, ou des discussions spontanées entre inconnus. Alors, là aussi, moi qui aime les choses formelles, j’ai été déroutée plus d’une fois.

  • Le principe du moindre mal

Lorsque nous envisageons et préparons la hijra, nous avons souvent beaucoup d’idéaux, voire d’exigences en matière d’école pour les enfants, de logements, de voisinage, etc. Et ceci, est légitime, quand nous quittons notre pays d’origine, notre famille et notre vie pour un pays inconnu, nous avons nécessairement besoin de repères. Mais, dans les faits, nous vivons souvent en deçà de ce que nous avions prévu. Et appliquer ce principe du moindre mal, m’a rendue beaucoup plus sage.

  • L’acclimatation

Au sens propre du terme, 45° degrés à l’ombre l’été, et 8 degrés dans les maisons l’hiver ! Inutile de vous faire un dessin. Un climat extrême, l’ensoleillement est tel, que les rares jours de pluie, se comptent sur les doigts de la main. Les virus sont fréquents, mais là encore, on apprend à prévenir plutôt qu’à guérir, on se couvre davantage, même à 25 degrés, on ne marche pas pieds nus sur le carrelage, on boit du thé avec différentes plantes selon la saison. Les pyjamas – tue l’amour- en matière polaire sont une nécessité en hiver, et vivre la nuit en été est plus confortable… Et bien, tout cela ; on s’y fait !

Tous ces enseignements – et d’autres – se concrétisent avec le temps, l’adaptation requiert intelligence et bienveillance. Car avant toute chose, ce qui nous lie dépasse toute frontière : l’amour d’Allah.

Dans certaines épreuves, cela a renforcé ma foi, car la hijra n’est jamais réellement acquise, elle a un prix. Je remercie Allah de me donner l’occasion de vivre cela. J’ai conscience d’être une privilégiée.

D’après Abou Fatima (qu’Allah l’agrée) : J’ai dit au Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui): Ô Messager d’Allah ! Informe moi d’une œuvre avec laquelle je serai sur le bon chemin et que je mette en pratique.
Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Je te conseille la hijra car elle n’a pas d’équivalent, je te conseille le jeûne car il n’a pas d’équivalent et je te conseille la prosternation car tu ne te prosternes pas une fois pour Allah sans qu’Il ne t’élève d’un degré et te pardonne un péché ».

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